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  • Lise Blanc

Te Araroa trail - carnet de voyage 6 - île du nord - WELLINGTON

Mis à jour : août 14

Du 11.03.20 au 23.03.20 (J 69 à J 80)


J’ai passé deux jours à Wellington. J’ai marché, lavé mes vêtements et bu des bières avec Laure qui était aussi dans le coin pendant quelques jours. Je suis ensuite montée en direction de Paraparaumu, ce qui m’a pris deux jours de marche environ. J’ai ensuite dormi chez Helen et Andrew mes premiers « Trail Angels *». Des gens absolument adorables, chez qui j’étais tellement bien que j’y suis restée deux nuits. Chrissy m’a rejoint chez eux. Nous avons passé une superbe soirée tous les quatre, et nous sommes reparties sur la route le lendemain.

*Un Trail Angel est une personne qui fournit un service plus que généreux à un randonneur fatigué, que ce soit un endroit pour camper pour la nuit, une chambre pour dormir, une boisson chaude, ou une douche.


Quand t’en as marre de marcher, tu peux toujours glisser !


La première grosse étape de cette île fut le Tararua Ranges. On m’avait servi du Richmond Ranges à toutes les sauces, mais jamais on ne m’a évoqué les Tararua Ranges comme étant une section difficile et usante. À mes yeux, le Tararua Ranges fut bien pire en termes de conditions météos et de qualité de terrain que le Richmond. Quant à l’autonomie, elle fut égale. Nous avons passé 8 jours hors de la civilisation et en autonomie complète.

Déjà, c’était plus dur parce que j’avais ma toile de tente sur moi, ce qui ajoutait 1.2kg en plus dans mon sac. En matière de nourriture, je ne m’en sortais à nouveau pas trop mal. J’avais pris soin de commander un autre carton Radix, que j’avais fait envoyer chez mes trail angels à Paraparaumu. Quelle organisation !

Le Tararua fût un méli-mélo de boue, de forêts indomptables et interminables, de chaleur humide et de pluie, de froid et de rhume (pour moi) ainsi que de nombreuses heures passées à avancer sur des chemins qui avaient fini par se transformer en ruisseaux à force de se gorger d’eau de pluie. Chrissy m’a partagé énormément de nourriture, ce qui m’a remonté le moral à bloc durant ces quelques jours de bataille.





Mes chaussures m’ont lâchée pile le jour où j’avais la possibilité de bifurquer dans la petite ville de Levin. - Si ça, c’est pas de la chance ! -


Chrissy m’a accompagnée pour acheter une paire de gaudasses, mais je crois, surtout, que c’était le meilleur prétexte pour s’arrêter boire un chocolat chaud et se refaire des provisions de bouffe. (De chocolat, surtout !)


Les gens chez qui nous sommes restées le soir ainsi que ceux qui nous ont pris en stop nous ont parlé du COVID-19. Nous, on était en dehors de tout ça, sans réseau téléphonique, coupées du monde, comme depuis des mois. On savait (moi, surtout) que le Corona Virus avait fait des dégâts et que les copains en France, en Suisse et en Inde étaient confinés. Mais moi, je croyais naïvement que la NZ passerait entre les gouttes. Ce qui ne fut pas le cas, malheureusement. Deux jours plus tard, alors que l’on faisait une grâce mat’ bien méritée dans une petite hut qui puait le rat crevé, les Frenchies ont débarqué. Les Frenchies sont un jeune couple de Français incroyablement adorables avec qui Chrissy avait marché pendant plusieurs semaines. Je les avais rencontrés lors de notre soirée « buvage de bières » au bar de Punga Cov, avant de poursuivre ma route avec Chrissy.

C’était trop super de les revoir et de pouvoir marcher « en bande », chose toute nouvelle pour moi. On a passé deux jours ensemble, avant d’arriver à Palmerston North, où on a tous très vite déchanté. La nouvelle est tombée lorsqu’on était assis sur la terrasse d’un pub, une bière dans une main et une part de pizza dégoulinante de fromage dans l’autre : on avait 48h pour trouver un logement et se confiner, durant un mois au minimum. Fin de l’aventure, fin de l’histoire Te Araroa pour nous tous. La trail allait fermer, ainsi que toutes les huts, les campings, et tout le reste.


Le soir même, Chrissy, les Frenchies et moi avons sauté dans un bus en direction d’Auckland, où nos chemins se sont séparés. Ils sont restés là, chez Chrissy, alors que moi, je suis montée plus au nord, à Whangarei. Une fois arrivée à Whangarei, j’ai pris un café avec Frank et ai récupéré toutes mes affaires sur Addie. Durant le trajet en bus, Donna, une Kiwi à posté sur la page Facebook du Te Araroa qu’elle mettait à disposition une chambre pour quiconque en aurait besoin durant cette période. Je lui ai écrit et ai pleuré de soulagement quand elle m’a répondu qu’elle viendrait me chercher avec tous mes sacs à la marina. Depuis, je vis avec elle dans sa superbe maison qui est située à 25 minutes de la ville. J’ai retrouvé le bonheur de prendre une douche par jour et de manger tout un tas de bonnes choses. En plus y’a un chat et la vue sur l’océan. Alors, le confinement, ce n’est pas si pire que ça, non ?



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